Cancer du col de l’utérus : prévention et dépistage

Représentation en papier du col de l'utérus
Du 23 au 29 janvier se déroule la semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus. Ce sont des virus appartenant à la famille des papillomavirus humains (HPV), transmis par voie sexuelle, qui sont en cause dans ce type de cancers.

On a identifié près de 200 types de virus HPV, et une quarantaine d’entre eux affectent l’appareil génital. Près de 80% de la population sera infectée au cours de sa vie. La plupart du temps, cette infection est transitoire, l’organisme éliminant spontanément le virus, mais ce n’est pas toujours le cas. Parmi ces virus, 12 présentent un risque important de provoquer des lésions voire un cancer au niveau du col de l’utérus, mais aussi de l’anus ou de la région ORL.

Chaque année, 6300 cas de cancers dus aux papillomavirus sont diagnostiqués en France. Si la plupart de ces cancers touchent les femmes, pas moins de 25% des cancers provoqués par les HPV surviennent chez des hommes. La prévention de la survenue de ces cancers repose d’une part sur la vaccination HPV, d’autre part sur le dépistage, en ce qui concerne le cancer du col de l’utérus.

La vaccination contre les HPV

La vaccination HPV permet de prévenir jusqu’à 90% des infections HPV à l’origine des cancers. Lorsque la vaccination est pratiquée avant le début de la vie sexuelle, l’efficacité du vaccin est proche de 100%.

La vaccination est recommandée de manière générale pour toutes les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans révolus. Une exception : le vaccin est recommandé jusqu’à 26 ans pour les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec des hommes.

La vaccination est d’autant plus essentielle pour prévenir la survenue de lésions précancéreuses et cancéreuses au niveau des zones pour lesquelles il n’existe pas de dépistage (anus, vulve, vagin…).

Le dépistage du cancer du col de l’utérus

Si l’efficacité du vaccin est bonne, le vaccin ne protège pas contre tous les virus HPV. La stratégie de lutte contre le cancer du col de l’utérus repose donc sur un autre pilier qui est le dépistage. Ce dépistage consiste en un prélèvement cervico-utérin, couramment appelé frottis. Il doit être réalisé même pour les personnes vaccinées.

Les recommandations de dépistage sont les suivantes :

  • Pour les femmes entre 25 et 29 ans : les 2 premiers frottis sont réalisés à 1 an d’intervalle, puis si les résultats sont normaux, un frottis à 3 ans (examens cytologiques)
  • Entre 30 et 65 ans : un frottis à 3 ans puis tous les 5 ans (test HPV-HR)

Le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC) relance par courrier toutes les femmes (âgées de 30 ans et plus) qui n’ont pas fait de frottis depuis plus de 3 ans, à se rapprocher d’un professionnel de santé.

Le dépistage peut être réalisé (source ameli.fr) :

  • par votre médecin (gynécologue ou généraliste) au cours d’une consultation ;
  • par votre sage-femme, dans le suivi de grossesse, lors d’une consultation de contraception et de suivi gynécologique de prévention ;
  • dans un centre de santé, un centre d’examen de santé de l’Assurance Maladie, un centre mutualiste, un centre de planification et d’éducation familiale ou d’un hôpital ;
  • dans un laboratoire de biologie médicale ou d’un cabinet médical d’anatomo-cyto-pathologie sur prescription médicale ;
  • par une infirmière de centre de santé qui remplit les conditions pour pratiquer le test dans le cadre de protocoles de coopération entre professionnels de santé ;
  • auprès d’associations intervenant auprès des populations très éloignées du système de santé (accompagnement au dépistage, médiation sanitaire, unités mobiles, etc.)

En savoir plus :
Les infections à papillomavirus humains (HPV) sur Vaccination-info-service
10 arguments clés sur la vaccination contre les HPV sur Institut National du cancer